Page 1 sur 1

Mauvaise année ?

Posté : 17 oct. 2026, 10:23
par dargaud
Hello, hello,
je me demande si c'est pareil partout, mais je trouve l'automne 2026 particulièrement pauvre en champignons... Et ce malgré les 2 semaines de pluies éparpillées et l'absence de gel. C'est vrai dans le Vercors ou des sites très classiques sont complètement dénués du moindre exemplaire, et les petits sites secrets ne valent pas mieux. C'est pareil chez vous ? Les seules choses sont qq petits clitocybes; qq russules avaient poussé voici 2 semaines, mais plus depuis Et maintenant qq champignons de souches. Je veux dire, même les mauvais sont rares.

J'imagine que la vague de chaleur / sécheresse de cet été y est pour qq chose. Est-ce que le mycélium peut mourir en profondeur si il fait trop sec ?
Voilà, voilà...

Re: Mauvaise année ?

Posté : 19 oct. 2026, 12:32
par Hervé92
L'année est loin d'être mauvaise partout, elle est plutôt bonne à très bonne sur la façade atlantique de manière générale. Il y a de très belles photos sur les réseaux sociaux des Hauts de France au Pays Basque en passant par le Finistère ou la Vendée. Sur la façade Est, c'est plus compliqué, la faute à une sécheresse persistante à certains endroits. Le mycélium va résister sans souci, c'est plutôt l'état de santé de certains arbres qui est inquiétant. Et sans arbre, le mycélium meurt.

Vivement 2027, même si je ne suis pas certain que ce soit bcp mieux qu'en 2026 :lg:

Re: Mauvaise année ?

Posté : 21 oct. 2026, 09:41
par CristaudeHauguernes
Là où il y a eu de l'eau, il s'est trouvé des cèpes en plus ou moins grande quantité (fonction des précipitations). Certaines portions de bois ont réagi très vite aux pluies, d'autres beaucoup plus tardivement.
Oui, le mycélium est très résistant, plus que nous sans doute, et les spores ont la propriété de pouvoir voyager à très longue distance pour retrouver des conditions de vie climatiques correctes, à condition qu'il y ait des arbres compatibles. Ceci dit le mycélium est un être vivant également sujet à la souffance et à la mort. Depuis les canicules répétitives à plus de 40°C de l'été 2022 en Béarn j'ai perdu une forme atypique de cèpe d'été particulièrement robuste et au chapeau zoné de tâches rouille qui venait en nombre autour d'un chêne qui lui est toujours en vie et en bonne santé. Les cèpes "typiques" qui poussaient sur cette bordure ont également sombré. Seuls les aereus ont résisté et y poussent encore. D'une manière générale depuis 2022 je m'interroge au sujet d'un net recul voire d'une disparition totale des cèpes sur certaines orées de bois parfois très étendues où ils abondaient jusque là. Les pousses ont été moins denses et des pans entiers de bois jusque là prolifiques sont restées francs de cèpes après les canicules (moindres) de 2024 et 2025 ( = pousses moins généralisées en automne), est-ce temporaire ou une tendance lourde ? Je ne saurais dire, par contre, 2026 prend un peu le même chemin. Donc voilà, il n'est pas impossible que le changement climatique soit en train de redistribuer les pousses dans nos pauysages, avec des pertes de placiers bien désolantes. À voir sur le long terme.
Autre point, très longtemps nous avons scruté les seuils de températures de sol propres à chaque espèce de cèpes pour tenté de savoir à quel moment leur apparition deviendrait possible et à quel moment nous devrions sans doute raccrocher les paniers, même si les températures de sol ne sont qu'un des facteurs en covariance. De plus en plus je pense que nous allons devoir scruter la limite supérieure de ces températures de sol car les cèpes ont aussi des plafonds de températures de sols à ne pas dépasser. Et cette année on les a crevés. Il y a un mois encore, on était entre 20 et 22°C entre 0 et -10 cm en Gascogne. Les cèpes ont commencé à pousser depuis dans les bas-fonds plus frais puis ont remonté les pentes jusqu'au sommet des côteaux au fur et à mesure que les températures des sols baissaient C'est très schématique, on trouvera toujours des exceptions partout (j'en ai aussi trouvé), mais c'est en gros ce que j'ai observé.
Après, quand on voit comment les cèpes et les morilles arrivent à pousser chez nos confrères autour du bassin méditerranéen, on se dit qu'en effet, on a de la marge. Mais bon, il faudrait de toute urgence que l'humanité cesse de tirer sur l'élastique quand même. Rien n'est irrésistible.
Adishatz
Ps : Autant les cèpes semblent avoir déserté certaines bordures et orées de mes bois depuis les canicules 2020 et surtout 2022 où le thermomètre était monté à 42/43°C dans mon secteur, autant je constate leur retour assez significatif dans des placiers plus en retrait dans les bois où je n'en trouvais quasiment plus depuis 20 ou 30 ans. De même certains talwegs de cours d'eau et bas-fonds connaissent un net retour en grâce ces dernières années. Mais bon, il faut voir comment tout cela va évoluer ces prochaines années car tout change très vite en ce moment.